Programme of Action

BMS9 : Progrès, partenariats et avenir de la prise en compte de la dimension de genre dans le contrôle des armes légères

Du 1er au 5 juin 2026, des représentants des gouvernements, des organisations internationales et de la société civile se sont réunis au siège des Nations unies à New York à l’occasion de la Neuvième Réunion biennale des États (BMS9) afin d’examiner la mise en œuvre du Programme d’action des Nations unies relatif aux armes légères et de petit calibre (Programme d’action) et de l’Instrument international de traçage (IIT).

En tant que principal forum mondial consacré au renforcement de la coopération internationale pour prévenir et combattre le commerce illicite des armes légères et de petit calibre, la BMS9 a constitué une occasion importante de faire le point sur les progrès accomplis, d’examiner les défis émergents et de définir les priorités pour les années à venir.

Tout au long de cette semaine, le Réseau pour l’égalité des genres dans le contrôle des armes légères et de petit calibre (GENSAC) a été fier de contribuer à ces discussions en partageant des travaux de recherche accompagnés de recommandations concrètes, en mettant en lumière le travail essentiel et les expériences vécues de ses membres issus de réseaux mondiaux et locaux, et en dialoguant avec les États membres ainsi qu’avec les organisations partenaires afin de promouvoir la paix au moyen d’approches du contrôle des armes légères tenant compte de la dimension de genre.

GENSAC team and partners at BMS9, June 2026.

Les contributions de GENSAC à la BMS9

En amont de la réunion, GENSAC a publié un nouveau document de travail examinant les possibilités de renforcer la mise en œuvre du Programme d’action selon une approche sensible au genre, tout en répondant aux évolutions technologiques dans le domaine du contrôle des armes légères. Cette publication formule des recommandations pratiques à l’intention des États membres concernant l’intégration de la dimension de genre dans la mise en œuvre nationale, l’amélioration de la collecte de données, le renforcement de la participation et la prise en compte des innovations technologiques au moyen de processus décisionnels inclusifs.

Au cours de la BMS9, GENSAC a également :

  • soutenu la coordination d’une déclaration conjointe sur le genre, prononcée au nom de 58 États ;
  • présenté une déclaration de la société civile au nom de GENSAC lors de la session consacrée aux ONG, mettant en avant les priorités identifiées par les membres de notre réseau mondial, notamment l’intégration de la dimension de genre et la participation pleine, égale, significative et effective des femmes ;
  • rencontré des représentants gouvernementaux, des responsables des Nations unies et des organisations partenaires afin d’examiner les possibilités de renforcer la mise en œuvre du Programme d’action selon une approche sensible au genre.

Ces activités ont été rendues possibles grâce à l’expertise et à l’engagement des membres de GENSAC à travers le monde, dont les expériences continuent d’éclairer nos activités de recherche et de plaidoyer. En plus de mettre en avant les contributions des membres de notre réseau mondial qui avaient partagé leurs perspectives en amont de la BMS9, nous avons eu le plaisir de compter sur la participation directe de membres présents à la conférence, notamment d’Argentine, de Bolivie, du Chili, et de Trinité-et-Tobago.

Une réunion marquée à la fois par des progrès et des défis politiques

La BMS9 s’est tenue dans un contexte multilatéral en pleine évolution. Si la reconnaissance des effets différenciés de la prolifération illicite des armes légères s’est progressivement renforcée dans le cadre du Programme d’action au cours de la dernière décennie, les discussions qui ont eu lieu pendant la réunion, ainsi que celles qui l’ont précédée, ont montré que les approches sensibles au genre continuent de se heurter à une résistance politique de la part d’un petit nombre d’États.

Cette dynamique est apparue clairement lors de la séance plénière finale. Un groupe d’États membres a invoqué l’article 40 du Règlement intérieur afin de demander qu’un vote séparé soit organisé sur certaines parties du projet de document final, notamment celles relatives au genre. Cette demande de division a été rejetée par un vote enregistré de 94 voix contre, 3 voix pour et 24 abstentions. La Réunion a ensuite adopté le document final dans son ensemble par un vote enregistré de 128 voix pour, 1 voix contre et 1 abstention.

Ces débats ont mis en évidence à la fois les défis auxquels est confronté le cadre normatif relatif au contrôle des armes légères sensible au genre et sa résilience. Alors qu’un nombre limité de délégations a tenté de remettre en cause un langage déjà agréé, l’écrasante majorité des États membres a soutenu le maintien de l’intégrité du document final.

À la suite de son adoption, plusieurs délégations ont formulé des explications de vote et inscrit des réserves au procès-verbal, notamment concernant les références au genre. Ces déclarations reflètent des débats politiques plus larges actuellement à l’œuvre dans plusieurs processus multilatéraux relatifs au désarmement et à la sécurité.

Il convient toutefois de souligner que le document final a non seulement conservé des engagements antérieurs, mais a également réaffirmé plusieurs principes devenus essentiels à la mise en œuvre du Programme d’action tenant compte de la dimension de genre.

Tout d’abord, les États ont « réaffirmé leur engagement à prévenir et à réduire les souffrances humaines causées par le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects et à prendre en considération les effets différenciés de ce commerce illicite sur les femmes, les hommes, les filles et les garçons » (paragraphe 4). Cette reconnaissance confirme que les conséquences de la prolifération illicite des armes légères ne sont pas vécues de manière uniforme et que des réponses efficaces doivent tenir compte de ces différences.

Dans cette continuité, les États ont reconnu « l’importance d’évaluer et de traiter les effets différenciés selon le genre des armes légères et de petit calibre illicites sur les femmes, les hommes, les filles et les garçons, y compris les violences sexuelles liées aux conflits, et d’intégrer une perspective de genre dans les politiques et programmes relatifs aux armes légères et de petit calibre » (paragraphe 12). Cette formulation établit explicitement un lien entre la mise en œuvre sensible au genre, la compréhension des effets différenciés et l’intégration systématique de la dimension de genre dans les politiques et programmes relatifs aux armes légères.

Le document final réaffirme également le rôle central de la participation des femmes, les États reconnaissant « la nécessité de promouvoir la participation pleine, égale, significative et effective des femmes aux processus décisionnels et de mise en œuvre du Programme d’action et de l’Instrument international de traçage à tous les niveaux, notamment dans des fonctions de direction et en tant qu’agentes de changement » (paragraphe 13). Cette évolution traduit un changement de perspective consistant à ne plus considérer les femmes uniquement comme bénéficiaires des efforts de contrôle des armes légères, mais également comme dirigeantes et partenaires essentielles à leur mise en œuvre.

Enfin, le document final renforce l’accent mis sur une mise en œuvre fondée sur des données probantes en encourageant les États à tenir compte des effets différenciés des détournements, notamment « en recueillant, lorsque cela est possible et sans danger, des données ventilées par sexe, âge, handicap et autres caractéristiques pertinentes selon les contextes nationaux, et en utilisant des mécanismes d’analyse afin d’éclairer l’élaboration de politiques et de programmes sensibles au genre fondés sur des données probantes » (paragraphe 50). Cette disposition souligne que de meilleures données et analyses constituent des outils essentiels pour élaborer des politiques nationales plus efficaces et mieux adaptées.

Ensemble, ces dispositions réaffirment que la prise en compte de la dimension de genre dans le contrôle des armes légères ne constitue pas un objectif distinct, mais un élément essentiel de la mise en œuvre efficace du Programme d’action.

Répondre à l'évolution des défis

Outre les discussions consacrées à la mise en œuvre, la BMS9 a accordé une attention particulière aux conséquences des évolutions technologiques pour le contrôle des armes légères.

S’appuyant sur les travaux du Groupe d’experts techniques à composition non limitée (OETEG), créé à la suite de la Quatrième Conférence d’examen, les États membres ont examiné des questions telles que les armes à carcasse polymère, les armes modulaires, les progrès des technologies de fabrication ainsi que les défis que ces évolutions posent en matière de marquage, de traçage et de prévention des détournements. La Réunion est également convenue de poursuivre les discussions techniques dans le cadre d’un OETEG renouvelé avant la prochaine Conférence d’examen, afin de permettre aux États de continuer à échanger leur expertise et d’élaborer des recommandations pratiques à mesure que les technologies évoluent.

Le résumé du Président de la première réunion de l’OETEG témoigne également d’une approche de plus en plus globale de ces questions. À l’avenir, le Président s’est engagé à renforcer le dialogue avec un éventail plus large de parties prenantes—notamment les industries de l’armement et de la fabrication additive, les entreprises technologiques, les services de livraison et les plateformes en ligne—afin de mieux comprendre l’évolution du paysage technologique. Le résumé indique également que plusieurs États ont souligné l’importance de garantir une participation inclusive et d’intégrer la dimension de genre dans l’ensemble des travaux de l’OETEG. Cette approche permettra de mieux comprendre comment les évolutions technologiques, y compris l’impression 3D, influencent les schémas de détournement et d’utilisation abusive des armes, ainsi que leurs effets différenciés sur les femmes, les hommes, les filles et les garçons.

Pour GENSAC, ces évolutions confirment un message essentiel : les réponses aux technologies émergentes ne doivent pas être envisagées uniquement sous un angle technique. Comprendre qui est touché par ces technologies, comment les risques sont vécus par différentes communautés et veiller à ce que des perspectives diverses éclairent l’élaboration des politiques sont des composantes indispensables d’un contrôle des armes légères efficace et durable. Il est encourageant de constater que ces considérations commencent à orienter les travaux futurs de l’OETEG.

Perspectives

Si la BMS9 marque la fin d’un nouveau cycle du Programme d’action, sa mise en œuvre se poursuit désormais aux niveaux national et régional.

Les discussions de cette semaine ont montré que le renforcement du contrôle des armes légères tenant compte de la dimension de genre exige davantage que l’adoption d’un langage commun dans les documents internationaux. Il repose sur un engagement politique durable, une participation véritable de la société civile, un renforcement de la mise en œuvre nationale, une amélioration des données et des analyses, ainsi qu’une coopération continue entre les gouvernements et les praticiens.

Pour GENSAC, le travail se poursuit. Au cours des prochains mois, nous nous appuierons sur la dynamique créée par la BMS9 en poursuivant nos travaux de recherche, notre engagement politique et notre soutien à nos membres, afin de faire progresser des approches sensibles au genre dans le contrôle des armes légères, dans leurs contextes respectifs. Nous nous réjouissons également de poursuivre ces échanges lors de la Douzième Conférence des États Parties (CSP12) au Traité sur le commerce des armes, qui se tiendra en août, ainsi que dans les processus internationaux futurs.

Nous adressons nos sincères remerciements à tous les membres de GENSAC qui ont apporté leur expertise avant, pendant et après la BMS9. Leur engagement continue de renforcer les efforts internationaux visant à promouvoir des approches plus efficaces, plus inclusives et plus durables du contrôle des armes légères.

Ressources associées

BMS9: Progress, Partnerships, and the Future of Gender-Responsive Small Arms Control

From June 1–5, 2026, governments, international organizations, and civil society representatives gathered at United Nations (UN) Headquarters in New York for the Ninth Biennial Meeting of States (BMS9) to review implementation of the UN Programme of Action on Small Arms and Light Weapons (UN PoA) and the International Tracing Instrument (ITI).

As the principal global forum for advancing international cooperation on preventing and combating the illicit trade in small arms and light weapons, BMS9 offered an important opportunity to take stock of progress, consider emerging challenges, and shape priorities for the years ahead.

Throughout the week, the Gender Equality Network for Small Arms Control (GENSAC) was proud to contribute to these discussions by sharing research with concrete recommendations, amplifying the lifesaving work and lived experiences of our global and grassroots membership, and engaging with Member States and partner organizations to promote peace through gender-responsive approaches to small arms control.

GENSAC team and partners at BMS9, June 2026.

GENSAC’s contributions at BMS9 

In the lead-up to the meeting, GENSAC published a new working paper exploring opportunities to strengthen gender-responsive implementation of the UN PoA while responding to technological developments in small arms control. The publication offers practical recommendations for Member States on integrating gender perspectives into national implementation, improving data collection, strengthening participation, and ensuring that technological innovation is addressed through inclusive policymaking.

During BMS9, GENSAC also:

  • Supported the coordination of a joint statement on gender, delivered on behalf of 58 countries;
  • Delivered a GENSAC civil society statement during the NGO session, highlighting priorities identified by members across our global network such as gender mainstreaming, and women’s full, equal, meaningful, and effective participation;
  • Met with government representatives, UN officials, and partner organizations to discuss opportunities for advancing gender-responsive implementation of the Programme of Action.

These activities were made possible through the expertise and engagement of GENSAC members worldwide whose experiences continue to inform our advocacy and research. In addition to highlighting the insights of global members who shared their perspectives with us in advance of BMS9, we were pleased to count on the direct participation of members present at the conference from Argentina, Bolivia, Chile, and Trinidad and Tobago.

A meeting that reflected both progress and political challenges

BMS9 took place against a changing multilateral landscape. While recognition of the differentiated impacts of illicit small arms proliferation has steadily grown within the UN PoA process over the past decade, dynamics over the course of the meeting and in the lead-up to it demonstrated that the environment is challenging as gender-responsive approaches continue to face political resistance from a small number of States.

This dynamic became particularly evident during the final plenary. A group of Member States invoked Rule 40 of the Rules of Procedure, requesting that specific parts of the draft outcome document—including provisions relating to gender—be voted on separately. The motion for division was rejected by a recorded vote of 94 against, 3 in favor, with 24 abstentions. The Meeting then proceeded to adopt the outcome document as a whole by a recorded vote of 128 in favor, 1 against, with 1 abstention.

The proceedings underscored both the challenges and the resilience of the normative framework that has developed around gender-responsive small arms control. While a small number of delegations sought to reopen previously agreed language, the overwhelming majority of Member States supported retaining the integrity of the outcome document.

Following the adoption, several delegations placed explanations of vote and reservations on the record, including with respect to references relating to gender. These statements reflected broader political debates currently unfolding across a range of multilateral disarmament and security processes.

Importantly, the final outcome document not only retained some previous commitments but also reaffirmed several key principles that have become central to gender-responsive implementation of the PoA.

First, States “reaffirmed their commitment to prevent and reduce the human suffering caused by the illicit trade in small arms and light weapons in all its aspects and to address the differential impact of the illicit trade in small arms and light weapons on women, men, girls and boys” (para. 4). This recognition reinforces the understanding that the consequences of illicit small arms proliferation are not experienced uniformly and that effective responses must take these differing impacts into account.

Building on this foundation, States recognized “the importance of assessing and addressing the gendered impacts of illicit small arms and light weapons on women, men, girls and boys, including conflict-related sexual violence, and of mainstreaming a gender perspective into policies and programmes on small arms and light weapons” (para. 12). Notably, this language explicitly links gender-responsive implementation not only to understanding differentiated impacts, but also to incorporating gender perspectives throughout small arms policies and programmes.

The outcome document also reaffirmed the central role of women’s participation, with States recognizing “the need to promote the full, equal, meaningful and effective participation of women in decision-making and implementation processes relating to the Programme of Action and the International Tracing Instrument at all levels, including in leadership roles and as agents of change” (para. 13). This reflects a continued shift away from viewing women solely as beneficiaries of small arms control efforts and towards recognizing their role as leaders and partners in implementation.

Finally, the outcome document strengthened the emphasis on evidence-based implementation by encouraging States to take account of the differential impacts of diversion “including, where feasible and safe to do so, by collecting data disaggregated by sex, age and disability and other characteristics relevant in national contexts and utilizing analysis mechanisms to inform evidence-based gender-responsive policymaking and programming with a view to strengthening the full and effective implementation of the Programme of Action at all levels” (para. 50). This provision underscores that better data and analysis are not ends in themselves, but tools for developing more effective and responsive national policies.

Together, these provisions reinforce that gender-responsive small arms control is not a standalone objective, but an integral component of effective implementation of the PoA.

Responding to evolving challenges

Alongside discussions on implementation, BMS9 devoted significant attention to the implications of technological developments for small arms control.

Building on the work of the Open-ended Technical Expert Group (OETEG) established following the Fourth Review Conference, Member States discussed issues such as polymer-frame firearms, modular weapons, advances in manufacturing technologies, and the challenges these developments present for marking, tracing, and preventing diversion. The Meeting also agreed to continue technical discussions through a renewed OETEG in advance of the next Review Conference, ensuring that States can continue to exchange expertise and develop practical recommendations as technologies evolve.

Importantly, the Summary of the Chair of the First Meeting of the OETEG also signaled an increasingly holistic approach to these discussions. Looking ahead, the Chair committed to strengthening engagement with a broader range of stakeholders—including the arms and additive manufacturing industries, technology companies, shipping couriers, and online platforms—to better understand the evolving technological landscape. The Summary further notes that several States emphasized the importance of maintaining inclusive participation and mainstreaming a gender perspective throughout the OETEG’s work. This would help ensure that the Group fully understands how technological developments, including 3D printing, influence patterns of misuse and diversion, and how their impacts may differ for women, men, girls, and boys.

For GENSAC, these developments reinforce an important message: responses to emerging technologies should not be viewed solely as technical exercises. Understanding who is affected by these technologies, how risks are experienced across different communities, and ensuring that diverse perspectives inform policy development are essential components of effective and sustainable small arms control. It is encouraging to see these considerations beginning to shape the future direction of the OETEG’s work.

Looking ahead

While BMS9 concluded another cycle of the PoA process, implementation now moves back to the national and regional levels.

The discussions throughout the week highlighted that advancing gender-responsive small arms control requires more than agreed language in international outcome documents. It depends on sustained political commitment, meaningful participation by civil society, stronger national implementation, improved evidence and data collection, and continued collaboration between governments and practitioners.

For GENSAC, the work continues. Over the coming months, we will build on the momentum from BMS9 through continued research, policy engagement, and support to our members as they advance gender-responsive approaches to small arms control in their own contexts. We also look forward to continuing these conversations at the Twelfth Conference of States Parties (CSP12) to the Arms Trade Treaty this August and in future international policy processes.

We extend our sincere thanks to all GENSAC members who contributed their expertise before, during, and after BMS9. Your work continues to strengthen international efforts to build more effective, inclusive, and sustainable approaches to small arms control.

Related Resources